Éditeurs - Filliozat (Pierre-Sylvain)

Neuilly-sur-Seine, 1936

Membre de l'EFEO de 1963 à 1967

Fils du célèbre indianiste et directeur de l'EFEO Jean Filliozat, Pierre-Sylvain Filliozat est baigné depuis l'enfance dans l'atmosphère des études indiennes et particulièrement sanskrites. Il obtient en 1959 un diplôme de hindi à l'École nationale des langues orientales, puis en 1962 un diplôme de l'École pratique des hautes études avec un mémoire sur « Le Pratâparudrîya de Vidyânâtha » sous la direction de Louis Renou.

Il est membre de l'EFEO de 1963 à 1967. Par la suite, de 1967 jusqu'à aujourd'hui, il est directeur d'études de sanskrit à l'École pratique des hautes études, IVe section. Il est également, depuis 1998, membre associé du Centre d'histoire des sciences et des philosophies arabes et médiévales (URA 1085, CNRS-EPHE) et enseigne à l'université Paris-III dans le programme de formation doctorale « langues et civilisations orientales ». Il est vice-président de la Société asiatique et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

Ses recherches ont eu principalement deux objets, étroitement liés au sein de la culture sanskrite : d'une part le savoir et les méthodes de travail intellectuel des lettrés sanskrits (les pandits), d'autre part la structure des temples hindous dans leur corrélation avec la culture sanskrite. Le lettré est le principal inspirateur de la structure et le régulateur des activités du temple ; à l'inverse, beaucoup de textes ne sont pleinement compréhensibles que par référence aux temples et à la pratique des rites et des fêtes. P.-S. Filliozat, qui a longuement travaillé auprès de deux pandits attachés à l'Institut français de Pondichéry, M. S. Narasimhacharya, spécialiste de la littérature grammaticale sanskrite, et N. R. Bhatt, spécialiste de la littérature de rituel çivaïte du Sud de l'Inde, a étudié notamment, dans le premier domaine, « Le Grand Commentaire » (Mahâbhâshya) par Patañjali de la grammaire de Pânini, ainsi que son interprétation à travers d'autres commentaires (Kaiyata, Nâgeça), en tant qu'étapes du développement intellectuel en Inde, et, dans le second domaine, les manuels (Tantra ou Âgama) des desservants des temples. Ces études philologiques ont été accompagnées de celle de plusieurs temples (ceux notamment de Hampi, capitale médiévale d'un empire du Sud de l'Inde aux XIVe -XVIe siècles, et ceux de l'époque des rois Câlukya de Kalyâna aux XIe-XIIIe siècles), sous l'angle architectural, iconographique et épigraphique. Par ailleurs, l'analyse des outils de travail scolastiques des pandits l'a conduit à prêter une attention particulière aux mathématiques sanskrites et à leurs rapports, d'une part avec les mathématiques arabes, d'autre part avec les formes métriques.

L'ampleur et la diversité disciplinaire de ces domaines de recherche, ainsi que les coopérations qu'il a toujours entretenues en Inde, l'ont amené à collaborer étroitement à la mise au point d'outils informatiques en cours de réalisation à l'Indira Gandhi National Centre for the Arts de Delhi. Il prépare notamment, en collaboration avec des membres de cet institut, la diffusion de plusieurs travaux philologiques et archéologiques sous forme de cédérom et l'élaboration d'un module de base de données pour l'étude de textes et de temples.